Lettre Ouverte adressée aux Candidats aux Élections Municipales à Grenoble : Listes conduites par MMmes, MM. Lahcen Benmaza, Denis Bonzy, Catherine Brun, Matthieu Chamussy, Maurice Colliat, Philippe de Longevialle, Mireille d’Ornano, Éric Piolle, Jérome Safar.

  

Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat(e) aux prochaines élections municipales dans la principale commune de l’agglomération grenobloise. C’est donc à ce titre que nous vous écrivons aujourd’hui pour vous interroger, de façon non exhaustive, sur quelques questions d’actualité qui relèvent de la responsabilité des élus de Grenoble, soit directement en tant que conseillers municipaux, soit indirectement en tant que conseillers communautaires.

Voici les questions que nous voulons vous poser :

1 – Accessibilité à la voirie

Depuis six ans, nous avons assisté à l’installation de barrières sélectives (chicanes) sur les zones piétonnes, chicanes destinées en théorie à empêcher, et en pratique à ralentir, le passage des véhicules motorisés à deux roues. À Grenoble en particulier, deux types de chicanes posent problème parce qu’elles ne respectent pas les normes d’accessibilité :

- D’une part des chicanes mobiles, obstacles insurmontables pour les usagers en fauteuil roulant handicapés des membres supérieurs.

- D’autre part des chicanes fixes trop resserrées pour les usagers les plus handicapés.

Ces chicanes nuisent aussi à d’autres usagers tels que personnes accompagnées de poussettes doubles ou roulant en vélos avec remorques pour enfants...

Pour plus de détails, voir dossier publié sur notre site :

http://www.cdthed.fr/joomla16/dossiers-par-thèmes/chicanes.html

=> NOUS VOUS DEMANDONS :

- De signer notre pétition « pour la liberté de circulation des handicapés, contre les chicanes non accessibles » :

http://www.cdthed.fr/joomla16/contre-les-chicanes.html

- De soutenir également notre revendication d’enlever toutes les chicanes non conformes actuellement installées à Grenoble et d’assurer dans tous les cas le respect de l’article 1er de l’arrêté du 15 janvier 2007 (alinéa 3), qui prescrit une largeur minimale de cheminement de 1m40.

- Plus globalement nous vous demandons de soutenir notre revendication pour une voirie totalement accessible non seulement dans l’« hyper-centre » mais aussi dans les quartiers périphériques, et ce dans les plus brefs délais.

2 - Service de transport « PMR » de la SEMITAG

Le service de transport public pour Personnes à Mobilité Réduite (PMR) est un service de la SEMITAG, conquis de haute lutte par les handicapés et les associations en 1979. Comme pour le reste de la SEMITAG, le financement de ce service dépend du Syndicat Mixte des Transports en Commun (SMTC) - auquel la MÉTRO participe pour moitié.

Or, le Service PMR n’est pas en mesure de faire face à l’intégration dans la METRO au 1er janvier 2014 de 21 nouvelles communes, dont plusieurs communes de montagne. Déjà complêtement saturé, il devrait maintenant assurer les transports des citoyens handicapés résidents dans ces communes éloignées alors que rien n’a été prévu pour faire face à cette extension, malgré nos demandes répétées depuis trois années.

=> NOUS VOUS DEMANDONS de soutenir notre revendication d’attribution au service public PMR de la SEMITAG des postes de chauffeurs et des véhicules supplémentaires, en quantité suffisante pour permettre de couvrir les besoins actuels et nouveaux sans recourir à la sous-traitance au secteur privé. (Pour nous, l’argent public doit d’abord revenir au secteur public, seul véritable garant de la pérennité de ce service).

3- Billétique à l’usage des transports en commun

Les nouveaux modèles de DAT (Distributeurs Automatiques de Titres de transport) retenus par le SMTC pour le réseau SEMITAG, bien qu’améliorés par rapport aux appareils existants, ne seront toujours pas utilisables par tous les usagers – malgré nos alertes répétées à plusieurs reprises depuis mai 2102.

=> NOUS VOUS DEMANDONS de vous prononcer pour une véritable accessibilité des DAT et autres appareils automatiques, en particulier exiger que ceux-ci soient décaissés de telle façon que les usagers en fauteuil roulant puissent y accéder de face, et que les écrans soient situés à la bonne hauteur et inclinés de telle façon que les informations soient lisibles tant par les personnes de petite taille que par les personnes en fauteuil roulant et par les personnes de grande taille. 

Comment procéder pour nous répondre ?

Nous vous demandons de nous faire parvenir votre réponse par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. d’ici jeudi soir, afin que nous puissions la publier sur notre site vendredi 21 mars (sous réserve qu’elle ne dépasse pas 3000 caractères – sinon nous serons obligés de couper la fin !).

Bien évidemment, nous attendons des réponses dépourvues de toute ambiguïté, et directement en prise avec les questions abordées ici…

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées.

 

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Télécharger la lettre ouverte du CDTHED du 17 mars 2014 (doc).

 

Nous étions une douzaine de présents dans le hall d’entrée de la Mairie, pour la plupart usagers handicapés de la voirie grenobloise ayant suivi l’affaire depuis le début. Outre le CDTHED, l’Union de Quartier Village Olympique Vigny Musset était représentée par son Président.

Mandaté par le Maire de Grenoble, M. Stéphane Gemmani, Conseiller municipal délégué à l’accessibilité, la prévention et la préconisation sociale, nous a proposé de nous réunir dans une salle de réunion, ce que nous avons refusé, car nous voulions rester à disposition de la presse et des autres élus. Il a donc accepté de débattre avec nous dans le hall devant l’entrée de la salle du Conseil Municipal.

Pour la première fois depuis quatre ans,  la discussion a enfin permis de déboucher sur une perspective de solution concrète. Nous avons adressé par la suite la lettre suivante, qui prend acte des engagements pris par la Municipalité de Grenoble.

 

Monsieur le Député-Maire, 

Comme annoncé, nous nous sommes présentés dans le hall de l’Hôtel de Ville, à l’entrée du Conseil Municipal, ce lundi 10 février pour répondre aux questions des élus concernant la question des chicanes (barrières sélectives anti deux-roues motorisés). À cette occasion, nous avons eu un échange animé, mais finalement fructueux avec votre représentant, M. Stéphane Gemmani,Conseiller municipal délégué à l’accessibilité, la prévention et la préconisation sociale – en présence de Mme Maryvone Boileau, Conseillère municipale, et (pour un court moment) de M. Philippe de Longevialle, Maire Adjoint à l’Urbanisme et à l’Aménagement.

Au-delà de certaines divergences d’appréciation, nous avons enregistré avec satisfaction le fait que M. Gemmani a reconnu publiquement que des chicanes fixes installées par la Ville de Grenoble n’étaient pas conformes à la demande de dérogation déposée par la Municipalité en octobre 2009, et par conséquent n’étaient pas conformes au compromis présenté à certaines associations.

Certes, M. Gemmani a précisé que, selon lui, les valeurs déclarées dans les plans joints en annexe à cette demande de dérogation avaient seulement vocation à être un « objectif » vers lequel il fallait « tendre » – raisonnement qui nous paraît pour le moins contestable – mais il a déclaré ensuite que la Ville de Grenoble allait maintenant modifier les chicanes en cause, sous réserve que la configuration des lieux le permette, et en respectant les contraintes budgétaires.

Il va sans dire que les prochaines chicanes fixes installées ne pourront au minimum qu’être conformes aux plans joints à la demande de dérogation. 

Il semble que pour toutes les chicanes fixes non conformes la solution à mettre en œuvre soit extrêmement simple et peu coûteuse puisqu’il suffit de déplacerla barrière centrale.

Nous considérons que l’objectif serait de tendre vers une largeur de cheminement de 1m40 prescrit par l’arrêté du 15 Janvier 2007, le compromis présenté aux associations en 2009 étant de notre point de vue un minimum, d’autant qu’il y aurait lieu de consulter d’autres usagers, personnes accompagnées de poussettes doubles, personnes de plus en plus nombreuses se déplaçant en vélos biporteurs ou accompagnés de remorques pour enfants…

Nous vous remercions d’avoir l’obligeance de nous indiquer le calendrier des modifications des chicanes fixes ainsi que le calendrier du remplacement des chicanes mobiles et portillons afin que nous puissions rassurer les usagers handicapés actuellement gênés par ces équipements.


Dans cette optique, nous nous permettons de vous indiquer la liste des chicanes signalées par des usagers handicapés (liste non limitative bien sûr), voir ci-joint. 

Enfin, M. Gemmani nous a confirmé que les chicanes mobiles du Jardin des Poètes allaient enfin être remplacées, dans le cadre du budget en cours. Vous voudrez bien nous confirmer que le remplacement des autres chicanes mobiles sera pris en compte dans le prochain budget.

Ainsi que le préconise Mme Maryvone Boileau, nous pensons que la question des barrières sélectives doit faire l’objet d’un suivi direct en Mairie et non de décisions décentralisées en antennes de Mairie.

En vous remerciant pour l’évolution positive dont M. Gemmani nous a fait part en votre nom, nous vous adressons nos sincères salutations.

Pour le CDTHED : Henri Galy, Président du CDTHED

 

ANNEXE - Inventaire non exhaustif des chicanes non conformes aux schémas joints à la demande de dérogation déposée auprès de la Préfecture de l’Isère le 26 octobre 2009 (Ville de Grenoble)

 

Chicanes mobiles :

Quartier la Villeneuve : 150 galerie l’Arlequin, allée des Genêts, parc Jean Verlhac

Jardin des Poètes, avenue de la Bruyère et avenue des Deux Mondes.

Parc A. Michallon : rue Massena, avenue Maréchal Radon, quai Jongking (NB : il s’agit là en fait de portillons mobiles, mais ils posent les mêmes problèmes).

Parc Hoche

Rue de New York : n° 27 bis et n° 29 (entre la rue de New York et la rue Bévière)

Chicanes fixes laissant un passage d’un mètre, ou de moins d’un mètre (au lieu de 1m30) :

Quartier de la Villeneuve : 72 allée de Constantine, place des Géants.

Parc Ouagadougou : avenue des Jeux Olympiques.

Quartier situé dans le périmètre : avenue des Jeux Olympiques, avenue Jean Perrot, avenue Georges de Manteyer et parc Ouagadougou.

Parc Pompidou : rue Léo Lagrange et rue du Général Mangin.

Parc Soulage : avenue Jean Perrot et chemin du Chapitre. 

 

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Lettre Ouverte adressée à Monsieur Michel Destot, Député-Maire de Grenoble :

 

Monsieur le Député-Maire,

Nous avons attiré votre attention à de nombreuses reprises sur la gêne causée, et ce depuis cinq ans, à un certain nombre de personnes handicapées, voire à d’autres usagers, par les barrières sélectives, ou chicanes, installées par votre Municipalité sur les espaces piétons ouverts au public. Ces chicanes ne sont conformes ni aux règles d’accessibilité ni au compromis proposé aux associations. (Voir en particulier nos derniers courriers des 30 octobre et 7 décembre 2013 qui donnent tous les éléments sur ce dossier.)

Concernant les chicanes mobiles, bien que vous ayez convenu qu’elles n’étaient pas adaptées pour les personnes handicapées ayant une motricité réduite des membres supérieurs, vous ne les avez retirées que très partiellement. Un grand nombre de ces chicanes sont toujours en place, notamment dans le Jardin des Poètes à proximité d’un foyer hébergeant des personnes lourdement handicapées qui, de ce fait, ne peuvent pas s’y rendre en toute autonomie ! Vous ne vous êtes même pas engagé sur un échéancier…

Concernant les chicanes fixes, bien que vous ayez proposé aux associations un type de chicanes évidées avec un espace de rotation de 1m30, la ville de Grenoble a installé des chicanes plus étroites, qui ne sont pas conformes à la demande de dérogation déposée auprès de la Préfecture le 26 octobre 2009. Pourtant des chicanes plus larges, plus conformes à la réglementation, ralentiraient de la même façon les deux roues motorisées…

Bien loin d’avoir pris conscience de la gêne que ce type d’installation pouvait causer à certaines personnes handicapées voir d’autres usagers, vous l’avez généralisée !

Devant votre refus persistant de prendre en compte nos revendications légitimes, vous nous placez dans l’obligation de saisir de cette question le Conseil Municipal. C’est pourquoi nous demandons à intervenir brièvement à l’occasion de sa prochaine séance du 10 février 2014, afin que chaque élu soit informé, et puisse se déterminer en connaissance de cause. Cette possibilité d’expression a déjà été accordée à plusieurs reprises à des associations.

Vous connaissez les difficultés matérielles liées à notre handicap et à notre dépendance : nous ne pouvons pas attendre la fin de la séance… C’est pourquoi nous nous permettons de vous proposer de nous donner la parole au cours d’une suspension de séance durant la première heure du Conseil Municipal, entre 17h et 18h.

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député-Maire, l’expression de notre détermination à faire respecter l’accessibilité de la voirie à tous les handicapés, sans discrimination. 

Pour le CDTHED : Henri Galy, Président du CDTHED

 

Télécharger la lettre ouverte du CDTHED du 20 janvier 2014 (pdf).

Télécharger la lettre ouverte du CDTHED du 20 janvier 2014 (doc).

 

=> Pour plus de précisions, consulter l'argumentaire complet envoyé au Maire de Grenoble à ce sujet.

 

 

La fronton du Palais Bourbon, partie historique de l’Assemblée Nationale.

 

Une délégation du CDTHED a été reçue à l’Assemblée Nationale le jeudi 23 janvier 2014 de 14h15 à 15h15 par Mme Martine Carrillon-Couvreur, Députée de la Nièvre, responsable des questions concernant le handicap au sein du Groupe Socialiste et Présidente du CNCPH (Conseil National Consultatif des Personnes Handicapés). 

Le CDTHED avait associé à sa démarche Chantal, responsable de la section SNPTAS-CGT de l’Équipement, ainsi que Patrick, syndicaliste FO et travailleur handicapé – mais ce dernier a dû s’excuser suite à un problème familial. À noter que dans un premier temps Mme Carrillon-Couvreur ne voulait recevoir que le Président du CDTHED accompagné d’un ou deux responsables… Il nous a fallu insister quelque peu pour que toute la délégation (sept personnes au total) puisse venir au complet ! 

 

Martine Carrillon-Couvreur précise le rôle du CNCPH : il doit être consulté sur l’ensemble des projets de textes de loi concernant les handicapés. Il donne en­suite son avis. Elle rappelle aussi qu’elle a pour habi­tude de ne recevoir, dans un premier temps, que les prési­dents des associations accompagnés éventuellement d’un ou deux autres responsables, quitte ensuite à program­mer d’autres rencontres plus élargies. 

Henri Galy présente les membres de la délégation, puis brièvement l’Association, ses principes de fonctionne­ment (défense de tous les types de handicaps, quel que soit l’âge, financement sans recourir aux subven­tions, direction collégiale et souveraineté de l’Assemblée Générale des adhérents) et ses actions ré­centes (campagne pour l’alignement de l’AAH et du Minimum Vieillesse sur le SMIC, accessibilité des trans­ports en commun et de la voirie, etc.). Il lui remet une copie du Manifeste revendicatif du CDTHED adopté en mars 2008, mais toujours d’actualité.

Concernant l’objet de notre entrevue, c’est-à-dire le Droit des travailleurs handicapés à un départ anticipé à la retraite avec majoration de pension, il développe les points suivants :

• Problème des « trous » dans les périodes de RQTH, très courant pour les générations de 40 ou 50 ans. On en connaît bien les raisons (crainte d’être stigma­tisé, ab­sence d’avantages concrets à l’époque pour le salarié handicapé, etc.) et les conséquences (impos­sible de vali­der une période suffisamment longue). Il est possible de régler ce problème en faisant examiner les anciens dos­siers médicaux par une commission indépen­dante.

• Suppression (pour la retraite anticipée) du critère RQTH par la nouvelle « réforme » des retraites : c’est une régression, dénoncée par les associations. La nou­velle loi a supprimé un Droit connu et précis, pour le remplacer par une idée (le « compte handicap travail ») vague, dont personne ne sait ce qu’elle va donner concrète­ment, mais dont tout nous porte à croire qu’elle sera beaucoup moins favorable…

Nous l’avons « en travers de la gorge », et nous ne l’acceptons pas : il faut rétablir le critère RQTH ! Ce qu’une loi a défait, une autre loi peut le refaire ! Si vous-même (Mme Carrillon-Couvreur) déposiez une proposi­tion de loi en ce sens, ce serait un point d’appui considé­rable pour cela. Rappelons que critère RQTH est extrême­ment pertinent : c’est le critère de référence du Code du Travail pour définir le handicap au travail, et c’est le premier utilisé par les employeurs dans leur déclara­tion annuelle en vue d’atteindre les quotas.

• L’abaissement du seuil de taux d’IP (Incapacité Per­manente) de 80 % à 50 % est positif bien sûr, mais pour être réellement significatif, il aurait fallu descendre aux 40 % qui correspondent à l’ancienne carte « Station de­bout pénible ».

Il y a beaucoup de situations qui ne sont pas prises en compte pour la retraite anticipée alors pourtant qu’il s’agit de handicap avéré et officiellement reconnue (pen­sion d’invalidité 1ère catégorie, cartes militaires, etc.), c’est pourquoi notre pétition demande un élargissement des critères.

• Il y a enfin le cas des emplois réservés, comme ce­lui de Danielle, sur lequel nous reviendrons. Il s’agit là de carences de l’État. 

Henri F. explique que son cas rejoint celui de nom­breux travailleurs handicapés qui n’ont demandé la RQTH que tardivement, ou qui ne l’ont pas fait renouve­ler en temps utile. Il en rappelle la cause : crainte à l’époque de se faire classer inapte ou que l’étiquette RQTH ne le stigmatise. Il a commencé sa carrière en 1987, mais depuis les choses ont évolué. Plus récem­ment, c’est son employeur qui l’a incité à faire la de­mande afin de le compter dans son quota de travailleurs handicapés… Il revient sur la régression de la loi que constitue l’abandon du critère RQTH.

Enfin, il signale que, comme la plupart des personnes concernées, il a gardé tout son dossier médical. Pourquoi une commission ne pourrait-elle pas l’examiner mainte­nant puisque déjà, à l’époque, les décisions étaient prises par les COTOREP (et aujourd’hui les CDAPH) unique­ment sur la base de l’examen de ces mêmes dossiers médicaux et sans voir la personne elle-même ?

M. Carrillon-Couvreur rappelle que les projets de loi s’adossent toujours sur une étude d’impact, un diagnos­tic. On n’a pris connaissance qu’avec retard du problème posé par ce fameux article du Projet de Loi. Il semblerait que le critère RQTH ne concernerait que peu de personnes. La FNATH, qui a été interrogée à ce sujet, re­censerait moins de 1000 cas par an.

La question du nombre les interroge toujours (M. Issindou et elle), car ils n’arrivent pas à savoir com­bien de personnes ont fait une demande de RQTH. Elle essaie de se renseigner par des sources différentes pour recouper les informations. La question est toujours en suspens, ils vont retravailler dessus. C’est à cause de ce flou que le gouvernement a adopté la solution d’abaisser le taux d’IP à 50 % et d’instaurer une période transitoire de deux années supplémentaires. On peut envisager éven­tuellement de prolonger un peu cette période de 2 ans, afin d’« apurer » la situation de ceux qui ne rentre­ront pas dans les délais.

Mais, la grande idée de la réforme, c’est la mise en place de comptes personnels :

• Compte pénibilité (établi selon des critères précis) per­mettant de suivre sur dossiers l’évolution des per­sonnes au travail.

• Compte handicap travail, demandé par l’APF, qui re­joint un peu le compte pénibilité (tout en étant diffé­rent, bien sûr !)

• Compte formation professionnelle.

Il suffira ensuite de « croiser » tous ces comptes pour permettre à la personne de les utiliser pour partir en re­traite plus tôt, acquérir des droits à la formation ou à la reconversion, ou à une combinaison de ces options. 

H. Galy rappelle la définition de la RQTH telle qu’énoncée dans le Code du Travail : « Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique » (article L. 5213-1). Alors que les em­ployeurs peuvent continuer à invoquer ce critère pour remplir leurs quotas, on le supprime aux intéressés pour ce qui concerne leur retraite… C’est injuste, et nous ne l’acceptons pas. Le CDTHED va donc engager une cam­pagne pour la reconquête de ce droit et l’extension des critères permettant de bénéficier de la retraite anticipée pour handicap, avec majoration de pension.

À propos des 1000 cas recensés, ils s’expliquent facile­ment : « trous » dans les périodes de RQTH (donc pas possible d’atteindre le nombre d’années requises) et par ailleurs, pour le secteur privé, pas de majoration sur la retraite complémentaire – ce qui est très dissuasif pour un départ anticipé (cas de Claudine). La quasi-totalité des jeunes handicapés qui entrent aujourd’hui sur le mar­ché du travail demandent la RQTH : le nombre de bénéfi­ciaires potentiel d’une retraite anticipée au titre de la RQTH devait donc augmenter mécaniquement et de manière très importante. Il y actuellement, selon l’APF, 830 000 titulaires de la RQTH en France. Tous ne le sont pas depuis le début, certes, mais on voit bien que cela représente un gros potentiel.

Par ailleurs, il faut régler la situation des travailleurs handicapés des anciennes générations, d’où l’idée avancée par le CDTHED de l’évaluation des cas litigieux par une Commission médicale indépendante, au moyen des archives médicales. 

Claudine explique qu’elle est directement concer­née par l’absence de majoration de la retraite complémen­taire qui pénalise les salariés handicapés du Secteur privé, comme le relève la pétition du CDTHED. Elle a quand même demandé la retraite anticipée, avec une forte baisse de ses revenus, parce que si elle avait at­tendu, le calcul aurait été encore plus défavorable à cause de l’allongement de la durée de cotisation imposé par la nouvelle loi ! Et puis de toute façon, elle était mainte­nant trop fatiguée par le travail : le handicap en­traîne une usure plus rapide avec l’âge…

Elle signale que dans son service, deux travailleuses handicapées, plus jeunes qu’elle, sont frappées par la suppression du critère RQTH, dont une qui aurait eu l’âge requis et les conditions validées en 2016 pour deman­der la retraite anticipée, mais qui ne pourra pas l’avoir à cause de cette loi !

H. Galy rappelle la situation de Danielle. Il insiste sur le fait qu’à l’époque (1983) où elle a réussi l’examen pour emploi réservé, une loi datant du 23 novembre 1957 prévoyait déjà l’obligation d’employer des travail­leurs handicapés et une autre loi, celle du 30 juin 1975, prévoyait en outre l’accessibilité des locaux, au moins au niveau des grands principes. L’État ne s’est pas donné à l’époque les moyens d’appliquer ces obligations. Concer­nant Danielle, il a donc commis une double faute. Cette faute doit être réparée !

Chantal dénonce la lenteur mise à traiter ce dos­sier, dont le Président de la République a été saisi, il y a déjà un an. Elle signale aussi que le service où travaille Da­nielle va disparaître à la fin de l’année (regroupement sur Lyon pour diminuer les effectifs). Elle n’exclut pas de saisir la presse pour accélérer.

Le principe d’un rendez-vous a été obtenu au Minis­tère, qui reste à confirmer. Mais à quoi va servir ce ren­dez-vous ? Il faut absolument qu’il y ait des propositions concrètes de la part du Ministère ce jour-là !

M. Carrillon-Couvreur nous assure qu’elle va voir cela, en relation avec M. Issindou. 

H. Galy lui propose de se joindre à nous ou de se faire représenter pour cette entrevue. 

M. Carrillon-Couvreur est d’accord sur le principe, sous réserve de possibilité matérielle.

Commentaire :

En conclusion, la délégation constate que la discus­sion sur la suppression du critère RQTH pour la retraite anticipée a tourné au dialogue de sourds, Mme Carril­lon-Couvreur se retranchant derrière une prétendue « absence de chiffres » pour éviter de s’opposer à une mesure qui frappe la grande majorité des 830 000 travail­leurs handicapés. Tout au plus envisage-t-elle un aménagement de cette disposition en allongeant éventuelle­ment la période de transition Néanmoins, nous avons affirmé notre refus de ce recul, et notre détermina­tion à combattre pour le rétablissement de ce droit supprimé par la « réforme des retraites » du gouver­nement, et pour l’extension des critères afin de régler des situations personnelles injustes.

 

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La Loi n° 2014-40 du 20 janvier 2014 "garantissant l’avenir et la justice du système de retraites" adopté en dernière lecture par l'Assemblée Nationale a été promulguée, et publiée au Journal Officiel du 21 janvier.

Cette Loi injuste, qui se situe explicitement dans la continuité des contre-réformes de 2003 et 2010, codifie une régression des droits des salariés en général, et s'attaque, pour la première fois, au droit à la retraite anticipée des travailleurs handicapés en supprimant la prise en compte (pour la retraite) du critère RQTH - prise en compte acquise antérieurement en 2010 par les salariés handicapés du Secteur Privé, et en 2012 par les fonctionnaires handicapés.

Le CDTHED refuse d'accepter cette situation. Le Bureau va donc préparer une nouvelle pétition et une campagne d'action pour le rétablissement du Droit à la retraite anticipée des travailleurs handicapés titulaires de la RQTH, et pour l'élargissement des autres critères.

Lire le texte de la Loi sur le site Légifrance

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